La FAO et l’OCDE ont publié le 15 juin un rapport sur les « perspectives agricoles de 2010 à 2019 ». Il montre que si la production sera suffisante, des tensions sur les prix engendreront un nombre élevé de victimes de la faim.
Le monde pourra-t-il nourrir 7 à 8 milliards d’êtres humains ? Oui répondent les Perspectives. "L’augmentation de la production agricole mondiale devrait être moins rapide au cours de la décennie à venir qu’au cours de ces dix dernières années, mais elle devrait toutefois permettre d’accroître de 70 % la production alimentaire mondiale à l’horizon 2050, comme le requiert la croissance démographique prévue". C’est au Brésil, où la production agricole devrait progresser de plus de 40 % d’ici à 2019, que la hausse sera de loin la plus rapide. Elle devrait par ailleurs dépasser les 20 % en Chine, en Inde, en Fédération de Russie et en Ukraine.
Mais à quel prix ? Le rapport ajoute que si le monde produit assez de nourriture pour tous, "les récentes flambées des prix et la crise économique ont contribué à l’accroîssement du nombre des victimes de la faim et de l’insécurité alimentaire. D’après les estimations, près d’un milliard de personnes souffrent de malnutrition. Les Perspectives indiquent qu’il faudra augmenter la production agricole et la productivité, et qu’un système commercial efficace et soumis à des règles est indispensable pour une concurrence équitable et pour que les zones déficitaires en produits alimentaires puissent être approvisionnées par celles où la production est excédentaire."
Hausse des cours. Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2010 à 2019 prévoient que les cours moyens du blé et des céréales secondaires sur les dix prochaines années seront de 15 à 40 % supérieurs, en termes réels (corrigés de l’inflation), à leur moyenne de la période 1997-2006. Dans le cas des prix réels des huiles végétales, le différentiel devrait être de plus de 40 %. Les prix des produits laitiers devraient être plus élevés de 16 à 45 % en moyenne.